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Le Naufrage Bleu

Ne faites donc pas vos surpris, on le savait tous que ça s’en venait. Nous nous sommes juste trompés sur le terme, c’était pas un mur, mais plutôt une tempête, une maudite grosse tempête!

La crise de 1929, qui trotte encore dans l’imaginaire collectif, ne sera peut-être même plus mentionnée après que celle que l’on vit présentement finisse par finir, si jamais il y a une fin. -En tout cas pas avant le 4 mai- garantie presque notre PM qui a mis de côté son amuseur publique l’espace de 24 heures pour débiter une fois de plus à sa population l’infâme décompte des victimes actuelles et futures. En 1929, les victimes pouvaient au moins se réunir pour manger leur soupe populaire. Les crises, ça a bien changé. En plus de perdre sa job, son coussin, on peut maintenant perdre sa santé, et la faire perdre aux autres, juste en leur disant bonjour. Finalement le corps humain, c’est pas mal overrated!

Nous sommes en plein naufrage, et les bouées qu’on pensait utiliser, offertes par l’état, de moi à moi, on ne souhaite surtout pas être obligé de s’en servir. Le fameux filet de protection social, maintenu en vie artificiellement à grands coups de milliards, est troué de partout. On ne veut surtout pas remettre les poissons dedans, on va tous les perdre! On aime mieux les garder à la maison, à plein salaire si ils sont dans la famille du pêcheur, sinon on leur donnera quelques poissons par mois si jamais ils ont juste osé penser se passer du grand pourvoyeur universelle pour faire leur chemin tout seul, maudits rebels!

Les respirateurs économiques de la province ont tous été placés en quarantaine. Ces millieurs de travailleurs se demandent comment ils vont faire pour survivre alors qu’ils sont en bonne santé. Ils ont souvent mis des années à se batir un avenir, un seul mois aura suffit à tout détruire, à perdre toute dignité, à vouloir juste aller se coucher pour pouvoir enfin sortir du cauchemar permanent dans lequel ils sont plongés pour quelques heures. Ces travailleurs, qui ont maintenu en vie une grosse machine trop paresseuse pour maigrir, sont maintenant résignés à faire la file en conservant deux mètres de distance de leurs prochains pour aller redonner au gouvernement une partie du 2000$ promis par mois pour espérer s’acheter la bouteille de fort ou la dose de THC qui leur fera oublier enfin la situation irréelle qu’ils sont en train de subir. Leurs projections d’avenir se résument à penser appeler la banque le lendemain pour repousser l’hypothèque, ou ne surtout pas appeler le médecin pour faire vérifier la bosse qui a subitemment poussée sur leur cou. Il ne faut surtout par prendre la place des futurs malades ( ). Heureusement ils ont les mains propres pour tenir leur nouveau p’tit panier bleu totalement dépendant et à genoux pour sauver la vie des autres. Et leurs vies à eux? On verra plus tard. Reste chez vous, lave toi les mains, écoute le docteur à TV, on s’occupe du reste.

La suite, demain 13h00 à Radio-Canada – le seule média qui a survévu étrangement à toutes les coupures – pour suivre la nouvelle télé-réalité qui a remplacé District 31. “Je sais par si Horacio va revenir hein?” se demande grand-maman qui trouve qu’il a l’air propre contrairement à son maudit préposé bête qui arrive tout juste d’Europe.

“Heille chérie, on mange tu du chinois à soir?”

Bon naufrage gang!

Ghislain Morency @MisterWhiteRP

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