Fb. In. Tw. Be.

Salaire des députés: Mener par l’exemple

Depuis le début de la crise de la COVID-19, les pertes d’emplois se comptent par millions, les épargnants ont vu leurs investissements fondre et nos entrepreneurs ne savent pas s’ils pourront rouvrir un jour.

Pour nos élus fédéraux cependant, on dirait que rien n’a changé. Une vieille loi a fait en sorte que leur salaire a augmenté automatiquement de 3700$ le 1er avril dernier, au plus fort de la crise, faisant passer leur rémunération de base à 182 600$ par année.

Depuis, plus de 200 députés visiblement inconfortables avec la situation ont choisi de donner leur augmentation à divers organismes de charité. Mais est-ce suffisant?

À travers le monde, les leaders politiques ont choisi de réduire leur salaire, à tout le moins temporairement, en signe de solidarité avec leur population. En Nouvelle-Zélande, la Première ministre Jacinda Ardern a réduit son salaire et celui de son cabinet de 20 pourcent. Au Japon, les élus au niveau national ont fait de même. En Inde, c’est plutôt une baisse de 30 pourcent pour laquelle les élus ont opté.

Pour paraphraser la Première ministre Ardern, c’est à la fois une question de leadership et de solidarité avec tous ceux et celles qui ont vu leur revenu baisser et ont des inquiétudes financières.

Outre la question de la solidarité, il y a une autre raison majeure, pour laquelle nos élus devraient accepter des baisses de salaire : les finances publiques.

Depuis le début de la crise, la situation financière de nos gouvernements s’est drastiquement détériorée. En l’espace de quelques semaines, les prévisions du déficit fédéral sont passées de 28 milliards de dollars à 224 milliards de dollars alors que le Premier ministre Justin Trudeau annonçait quasi-quotidiennement des programmes à coups de milliards.

Facture salée à venir

Aussi important soient-ils, on paie aujourd’hui pour ces programmes avec de l’argent que l’on n’a pas, et il est clair que l’on devra payer la facture un jour. S’il est difficile de revenir à l’équilibre à partir d’un déficit de 28 milliards de dollars, l’effort que le fédéral devra faire dans les années à venir sera titanesque et nécessitera un tas de choix difficiles.

S’ils ne veulent pas avoir un déficit de crédibilité, nos décideurs fédéraux devront montrer qu’eux aussi sont prêts à faire des sacrifices afin de faire face à cette crise des finances publiques. Plus ils le feront rapidement, plus ils seront crédibles lorsqu’ils demanderont des concessions aux fonctionnaires.

C’est d’ailleurs ce qu’ont fait les députés fédéraux face aux défis budgétaires des années 90. Dans le budget 1992, le ministre des finances de l’époque, Don Mazankowski, avait annoncé un gel des salaires des députés et une réduction de cinq pourcent des salaires du premier ministre et de ses ministres. Les députés fédéraux ont dû attendre le retour à l’équilibre budgétaire en 1998 afin de voir leurs salaires augmenter à nouveau.

C’est entre autres grâce à ce gel salarial chez les élus que le gouvernement de l’époque a réussi à obtenir un gel auprès des syndicats de fonctionnaires. Les élus avaient mené par l’exemple.

Tandis qu’une autre crise des finances publiques est à nos portes, il est temps que nos élus montrent qu’ils sont à la hauteur de leurs fonctions et acceptent de réduire leur salaire.

Si vous souhaitez nous aider à les convaincre, assurez-vous de signer notre pétition à cet effet en cliquant ICI

Post a Comment