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Subvention d’urgence aux partis politiques: Vraiment?

Depuis que le Premier ministre Justin Trudeau a annoncé la Subvention salariale d’urgence du Canada, le gouvernement fédéral a reçu des demandes de soutien de plusieurs dizaines de milliers d’organisations.

Parmi celles-ci, quatre sortent du lot : le Parti libéral du Canada, le Parti conservateur du Canada, le Nouveau parti démocratique du Canada et le Parti vert du Canada. Oui, vous avez bien lu : les députés ont voté en faveur d’une subvention utilisant votre argent, et pour laquelle leurs partis politiques ont appliqué.

Il est important de noter que le Bloc québécois ne fait pas parti de cette liste, et c’est tout à leur honneur. Tel que l’a reconnu leur leader parlementaire, Alain Therrien, il est inadmissible que l’argent des contribuables serve à payer le salaire des employés de partis politiques qui, rappelons-le, ne sont pas impliqués dans le processus législatif et l’élaboration de programmes gouvernementaux, mais bien dans la stratégie de campagne et dans la levée de fonds.

Depuis, les quatre candidats à la chefferie du Parti conservateur ont condamné la décision de l’exécutif de leur parti d’appliquer pour cette subvention et, dans certains cas, ont promis de rembourser les fonds.

Des partis largement subventionnés

Il est important de reconnaître que les partis politiques sont déjà largement subventionnés. Si la subvention au vote n’existe plus au fédéral depuis 2015, une panoplie d’autres mesures les avantagent.

Prenons l’exemple du crédit d’impôt pour dons politiques, qui rembourse jusqu’à 75 pour cent des dons faits à des partis politiques. C’est plus du double du remboursement maximal offert sur les dons aux organismes de charité. Cela résulte en une subvention indirecte de l’ordre de 29 millions de dollars par année qui s’en va directement dans les coffres des partis.

À cela s’ajoute le remboursement de 50 pour cent des dépenses électorales, coûtant plusieurs dizaines de millions de dollars aux contribuables à chaque élection, et que nos partis ont très récemment reçu.

Un modèle d’affaires laissant beaucoup d’argent en banque

Contrairement à bon nombre de petites et moyennes entreprises, qui opèrent avec de faibles marges et n’ont pas eu d’entrée d’argent depuis plusieurs mois, nos partis politiques fédéraux ont les moyens de passer au travers de cette crise par le fait que leur modèle d’affaires est différent.

Tandis que la vaste majorité des entreprises utilisent un modèle d’affaires basé sur la couverture des coûts des ventes et des dépenses courantes, les partis politiques opèrent plutôt selon un modèle où ils ont des surplus élevés année après année, afin de bâtir une caisse électorale qu’ils dépenseront à la prochaine campagne électorale.

Leurs dépenses, en dehors des années d’élection, sont donc une fraction des revenus qu’ils ont. Si les partis ont appliqué pour la subvention salariale d’urgence, ce n’est donc pas parce qu’ils peinent à payer leurs employés, mais afin de protéger la caisse électorale qu’ils ont commencé à se refaire depuis la dernière élection, ce qui va à l’encontre de l’esprit du programme.

Aider nos entreprises à passer au travers de cette crise c’est une chose. Protéger la caisse électorale des partis politiques en est une autre. Si les chefs de partis souhaitent montrer qu’ils sont en mesure de mener ce pays, c’est à eux de mener par l’exemple et d’ordonner à leurs partis de retirer leurs demandes.

Vous pouvez signer la pétition de la Fédération canadienne des contribuables demandant aux partis politiques de rembourser la subvention salariale en cliquant ICI.

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