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Bombardier: C’est assez!

Signe que les choses reviennent à la normale, Bombardier est revenu cogner aux portes de nos gouvernements afin d’essayer de mettre la main sur d’avantage de votre argent.

À l’instar de tous ses prédécesseurs, le Premier ministre François Legault a sorti le chéquier, promettant que toute aide serait faite selon de « strictes conditions » pour éviter que les contribuables perdent à nouveau des centaines de millions de dollars.

Ce faisant, le premier ministre sonne un peu comme Philippe Couillard, qui décrivait la subvention de 1,3 milliard de dollars dans l’ex-C-Series comme étant « un exemple de bonne transaction. » 

À l’époque, il se félicitait d’avoir négocié une entente où les charges existantes étaient exclues de la coentreprise, ce qui était supposé diminuer le risque pris par les contribuables dans cette coentreprise.

Aux dernières nouvelles, la valeur de ce placement avait atteint un tel creux aujourd’hui que le premier ministre Legault en disait « le montant total devrait être radié. » Malgré les « strictes conditions » associées à la prise de participation faite par le gouvernement Couillard, il est peu probable que les contribuables puissent un jour revoir la couleur de cet argent.

Le fait est que, quelles que soient les conditions rattachées aux subventions que l’on fait à Bombardier, le risque demeure extrêmement élevé.

L’entreprise n’est plus ce qu’elle était. D’un conglomérat québécois du secteur des transports il y a quelques années, Bombardier n’est plus qu’un manufacturier de jets privés traînant une lourde dette de neuf milliards de dollars.

Tant l’agence de notation Fitch que Standard & Poor’s estiment que la situation chez Bombardier est insoutenable à long terme. Elles lui ont respectivement accordé des cotes de crédit de CCC et CCC+. À titre de comparaison, l’agence Fitch a donné la même cote au Mozambique.

Ces cotes n’ont rien de rassurant. L’agence Fitch défini un CCC comme étant un « risque substantiel, » précisant que le non-paiement est une réelle possibilité.

S’il y a bel et bien des investisseurs prêts à se procurer de telles obligations, ils reconnaissent qu’elles sont associées à un risque élevé de pertes. On est bien loin de la « bonne compagnie » que décrivait le ministre des Finances, Éric Girard, la semaine dernière.

Quelles que soient les conditions que le gouvernement souhaite attacher à cette aide, elles ne changeront rien au risque inhérent qui est associé à Bombardier.

Dans un contexte où les entreprises du monde entier ont eu de grosses pertes, il y a une baisse dans la demande de jets privés et nous ne savons pas quand est-ce que cela reviendra à la normale. C’est ce qu’ont reconnu les agences de notation lorsqu’elles ont abaissé la cote de crédit de Bombardier.

Il devient donc clair que, qu’elles que soient les conditions qui sont rattachées à une nouvelle aide, les contribuables québécois ont toutes les chances de perdre cet argent.

La question qu’on doit se poser n’est donc pas si nous sommes prêts à aider Bombardier, mais bien si nous sommes prêts à perdre des millions de dollars de plus dans Bombardier. Pour ce contribuable, la réponse est non.

Signez la pétition de la Fédération canadienne des contribuables demandant au Premier ministre Legault de ne pas mettre un seul sou de plus dans Bombardier en cliquant ICI.

Comments
  • Yves Prevost

    Enough is enough

    June 12, 2020
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